Je trouve les relations interpersonnelles fascinantes. On y trouve tellement de variantes. Pendant mes formations, il m’est souvent demandé comment gérer les conflits.  Suivant les époques, les différentes études, des « méthodes » voient jour pour répondre à cette problématique. Ce que je constate, c’est que l’outil le plus utile pour résoudre un conflit est aussi celui que je préconise pour éviter de rentrer en confrontation!

La relation se joue à deux

Quand j’entre en relation avec un pair, nous sommes deux, au moins, à créer ce lien. La relation va être le support de notre échange.
Dans l’échange, je vais passer de l’information, et la façon dont je vais passer cette information va influencer grandement la collaboration que je vais pouvoir attendre de mon interlocuteur. C’est ce que je décris dans « Quand la bienveillance booste la performance« .

Maintenant, je ne suis pas seul dans cet échange, et autant que je donne, je vais recevoir. Mais de quel manière?

Tous différents, tous intéressants

Imaginez une conversation, où l’un et l’autre dites la même chose. Je veux dire, exactement la même chose. Quel intérêt?
Heureusement, la diversité de ce que nous sommes va permettre à chaque échange de profiter de nouveautés, de choses que l’on aurait pas dit, ou pas comme ça. Des fois cependant, le discours est très différent et même contradictoire au point d’être confrontant.
C’est ce que je perçois comme la base des conflits dont mes participants souhaitent trouver la résolution.

Un conflit va résulter des croyances bien ancrées de chacun sur le sujet discuté, des croyances a priori incompatibles. Plus que le jeu de pouvoir, qui peut se mettre en place quand je sais que je n’ai pas tout à fait raison mais que mon intérêt est simplement de convaincre que j’ai raison (le principe du débat me semble-t-il), je parle en l’occurrence du moment où chacun croit sincèrement avoir raison et ne peut admettre le point de vue de l’autre.

Dans cette situation, chacun des personnages, à gauche et à droite, situé sur son propre point de vue, peut observer la fleur qui se trouve au milieu de la vallée, notre conversation. Chacun peut trouver en l’autre, un point d’accord sur la forme de la fleur, ses jolies feuilles vertes, sa taille, sa situation. Et lorsqu’ils en viennent à parler des pétales et de leurs couleurs… rien ne va plus. Chacun décrète une couleur différente! Pour chacun c’est évident, pour chacun l’autre a un problème, est de mauvaise foi ou met de la mauvaise volonté. Donc chacun a raison (et le sais) et tort à la fois (sans le savoir).

Pour sortir de cette situation, une solution serait que l’un des deux soit capable de prendre le point de vue de l’autre, ne serait-ce qu’un instant, pour reprendre son point de vue, enrichi, ensuite.

Il est bien sûr essentiel de revenir à son propre point de vue, l’idée n’étant pas de se convaincre et de renier ses convictions, mais bien de comprendre que la diversité existe et est légitime. C’est avec ce point de vue enrichi que je pourrai amener des propositions plus entendables par mes interlocuteurs qui eux même pourront moins être mes contradicteurs.
Cette jolie métaphore de 2 collines représentant les points de vue rend facile l’action de se rendre sur le point de vue de l’autre, il suffit d’utiliser ses pieds (que mes personnages n’ont pas d’ailleurs). Mais sorti de la métaphore… de quoi parle-t-on?

Je suis ce que je suis, tu es ce que tu es

Ma colline, mon point de vue, m’est propre. Nul autre ne peut avoir exactement la même. Cette colline s’est construite avec moi. Elle est faite de mes expérience, de mon histoire, de l’éducation que j’ai reçu, de mes croyances spirituelles, de ma religion, de rencontres faites, de personnes inspirantes, d’exemples, de réussites et d’échecs, de rêves et de fantasmes…

C’est ce qui fait ce que je suis et ce qui construit mes modes de pensée. C’est tout ce qui me porte à croire ce que j’exprime. Plus je serai conscient de ce dont ma colline est faite, mieux je comprendrais de quoi se forge mon point de vue.

Et l’autre… c’est comme moi!

Son point de vue se construit sur des éléments qui lui sont propres, dont certains que je peux appréhender. C’est ce que je cherche en allant sur sa colline. Comprendre ce qui de son point de vue rend légitime ce qui contredit ce que je pense être La Vérité. Je serai plus à même alors de parler de Sa Vérité et de Ma vérité.

Certains éléments de sa colline me resteront inaccessibles. Connaître une histoire n’est pas la vivre, entendre une croyance n’est pas la partager, ni même la comprendre. Plus je ferai l’exercice, plus mon cerveau sera capable de trouver des points d’accroche, de créer des similitudes, d’élaborer un raisonnement, qui me permettront de comprendre, d’intégrer. Dans un premier temps, je dois simplement accepter. Accepter que ses croyances sont aussi fortes que les miennes.
Je peux considérer que le sujet de discorde ne mérite pas cette confrontation légitime et donc acter que nous ne sommes pas d’accord pour me concentrer sur l’essentiel. Nous pourrons construire sur ce qui nous rassemble plus que sur ce qui nous divise.
Si j’ai besoin d’une solution, je peux inviter l’autre à participer la compréhension commune. « Je comprends que pour toi, on ne peux pas faire comme cela alors que ça me semblait être idéal. Aide moi à comprendre ce qui te le rendrait acceptable ».
Si je suis seul à vouloir élaborer cette solution commune, ou si le contexte ne se prête pas à l’invitation à la collaboration, je peux apprendre ce qui fait le raisonnement de mon interlocuteur pour imaginer les solutions qui passeront nos différences.

J’ai beaucoup de possibilités pour éviter le conflit 😉

Et vous? Comment faites vous?


%d blogueurs aiment cette page :