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Vous êtes souvent à devoir donner votre assentiment ou votre accord? Vous avez à vous prononcer sur maintes décisions?

Le nombre de décisions a prendre dans une journée est incalculable. Du lever au coucher, je dois me prononcer sur le choix de mon petit déjeuner, de mes habits, de la meilleure route à prendre pour aller au travail, des activités à mener tout au long de ma journée, sur le menu du soir à préparer, le contenu de ma soirée, l’heure du coucher… pour faire un descriptif rapide 🙂

Faire le bon choix…
Ai-je le choix?

J’observe différents types de décision.
Les réponses à des questions ouvertes ou fermées, celles que je prends sans en avoir « conscience » ou qui me demandent mûre réflexion. Chaque type va me demander plus ou moins d’effort et générer plus ou moins de stress quant à la peur de me tromper.
Toutes les questions ouvertes, par exemple « Que penses-tu que nous devons organiser pour cette réunion? », me laissent un éventail de choix avec chacun des bons et des mauvais côtés. J’ai dès lors la possibilité de prendre un certain risque mesuré, ou plutôt tempéré par le fait que je vais pouvoir ciseler ma réponse pour tenter de me rapprocher de la meilleure approche. Par contre, cela peut être épuisant, tant j’ai de choix qui me sont offerts, à creuser, peser, catégoriser, prioriser. L’habitude et l’expérience seront de puissants outils pour m’aider à accélérer la prise de décision, avec le coût induit de la perte d’innovation et de croyance possiblement devenues fausses dans un contexte changé.
Les questions fermées, par exemple « Est-ce que tu veux inviter le Directeur machin à la réunion? » ont un autre attrait en ce qu’elles ne m’offrent plus tous les choix possibles. Je dois décider entre blanc et noir. Le risque est plus élevé, la prise de décision plus stressante. La réflexion n’est est pas moindre pour imaginer l’impact de chaque possibilité…

J’ai un assistant permanent

Heureusement, je suis aidé par le plus efficace des assistants.
Il va m’aider bien souvent à aller droit au but pour nombre de décisions, notamment celles que l’on nomme les réponses automatiques (pas les réflexes).
Les réponses automatiques sont les réponses que mon cerveau a appris au fil du temps à donner. Partant d’un contexte donné, pour atteindre tel résultat, j’ai déjà pris cette décision. Mon cerveau a enregistré le point de départ, la destination, mais aussi les résultantes et la « réelle » conséquence du choix fait. Et plus j’ai fait ce choix, plus le sillon se creuse dans mon cerveau. Plus le sillon se creuse, plus je prends la décision rapidement. Ce sont devenus des habitudes. Si vous avez le permis de conduire depuis quelques années, c’est exactement ce processus que vous avez suivi et suivez encore aujourd’hui. Souvenez vous l’état de fatigue ressenti après vos premières heures d’auto école. Vous aviez besoin de concentration extrême pour réussir vos manœuvres, votre cerveau était en sur consommation d’énergie pour vous permettre de relever ce challenge. Et si le challenge vous nourrit, au moins celui de savoir conduire, vous aurez aussi ressentis l’effet de la dopamine, grisant, excitant. Si la conduite était pour vous un moment d’appréhension, vous aurez alors succombé à l’effet du cortisol… Mais passons, aujourd’hui, réfléchissez vous encore à la synchronisation de vos bras et jambes pour passer une vitesse? Il est probable que non. Votre cerveau s’en occupe de façon inconsciente. C’est un schéma facilement reproductible que vous avez appris avec le temps. Par contre, vous avez votre propre schéma et la façon dont vous passez les vitesses n’appartient qu’à vous. C’est votre expérience propre qui a bâti ce schéma.
Cette capacité de notre cerveau à chercher l’économie d’énergie tout en nous préservant et un réel cadeau. Ainsi, pour qu’un dirigeant devienne un décideur, rien de mieux que de prendre des décisions, encore et encore. Quitte à se tromper. L’erreur fait partie de la construction de cette autoroute dans notre cerveau, ce sont de nouveaux panneaux de signalisation, des rambardes. Ainsi, plus un décideurs prend de décision, plus il est en capacité de décider. Bon, ok, je ne rends service à personne avec ça… Rassurez vous, mon propos se construit 🙂

Ainsi, je peux compter sur mon assistant pour accélérer ma prise de décision. J’ai noté tout de même que pour les situations connues, il ne va pas m’autoriser l’innovation et va minimiser la prise de risque… Or, j’ai besoin de ça pour donner de meilleures réponses s’adaptant à la complexité du monde (Cf. VUCA). Bien.

Trouver de nouveaux chemins

Tout comme mon cerveau a créé ces autoroutes de prises de décision, il peut en créer d’autres. Cela s’appelle la plasticité. C’est une formidable compétence de mon assistant, c’est ce qui le rend si magnifique. La plasticité est cette capacité à créer en permanence de nouveaux réseaux neuronaux, améliorer les réseaux fortement sollicités, élaguer ceux qui ne sont plus  utiles. C’est ce que l’on appelle l’élagage synaptique. Cet élagage a lieu tout au long de la vie, mais a 2 périodes de forte intensité dans l’enfance puis l’adolescence.C’est un mécanisme essentiel permettant une meilleure performance cognitive. La phrase « J’ai toujours été comme ça, agit ainsi » n’a donc de sens que pour illustrer le passé mais aucun quand il s’agit d’imaginer le futur. Nous sommes tous capable de changer, radicalement. Par contre, pas en un tournemain 🙂

Lors de la rencontre d’une situation connue, mon cerveau va naturellement me proposer le comportement que j’ai le plus plébiscité jusqu’à présent. Simple, efficace, rapide. Et si je veux changer? Et bien il va falloir reprendre le contrôle, expliquer à mon assistant que dorénavant, on ouvre les perspectives et on essaye autre chose.

et sinon, à part l’autoroute…

Le chemin, cette fois n’est pas tout tracé et peut se montrer épuisant. C’est un véritable effort. Et en même temps une découverte de chaque instant, comme un chemin de randonnée que vous pratiquez souvent pour un jour tenter le petit sentier à peine remarqué.
A force de passer par ce sentier, il deviendra un chemin, puis une route et peut être une autoroute. Vous aurez changé vos habitudes 🙂
Oui sauf que les habitudes, quand on a pas le temps de réfléchir de trop c’est bien pratique. Absolument! Tout est histoire de temps!

Arrêter le temps, reprendre le contrôle

Là aussi, probablement une habitude s’est mise en place. Celle d’avoir réponse à tout, tout de suite. L’objectif va être de reprendre le contrôle. Et pour cela, j’ai besoin de quelques micro secondes. Celles qui me suffiront à prendre conscience que c’est le bon moment pour prendre le sentier que j’avais repéré la dernière fois. Oui parce que des fois, je me dis après coup que j’aurai pu faire autrement, et c’est très bien, je suis devenu consciemment incompétent 🙂

Comment je les mets en place ces micro secondes? Et bien il va me falloir calmer cette tempête incessante sous mon crâne. Il va falloir que j’arrête de croire (fausse croyance) que l’on attend de moi une réactivité immédiate. Bon ok, et après? Après, chacun son tempérament, ses affinités, son parcours ou son cheminement, il existe une multitude de façon de reprendre le contrôle de son cerveau (yoga, méditation, sophrologie…) mais ce n’est pas le sujet ici. Je vous laisse creuser suivant vos envies 🙂

Et maintenant que je suis prêt à essayer autre chose, comment je choisis?

S’écouter pour prendre sa bonne décision

Je le disais plus haut, mon cerveau prend les décisions de façon la plus économique, donc l’autoroute si elle existe et je l’en remercie pour ça, la plupart du temps ça me rend vraiment service. Reste que c’est pour me permettre de me concentrer sur ce qui peut mériter ma pleine attention. Si je le laisse tout gérer, quel mérite puis-je en retirer?

Lorsque je dois prendre une décision « réfléchie », je vais avoir besoin des éléments me permettant d’avoir la meilleure appréciation de la situation. Cette phase de récolte est essentielle pour que je puisse me forger une opinion justifiable. Là on cela devient cornélien, c’est quand je vais devoir en conscience peser le pour et le contre de chaque élément pour lui donner le poids juste de ma réflexion. Suivant la richesse de ma récolte cela peut être indigeste. Et quand le pour et le contre se balancent au point que la différence est subtile, infime, comment prendre la bonne décision?

Ce que j’ai appris au fil du temps et de l’exercice de la prise de décision, c’est surtout que les décisions que j’ai toujours pu assumer pleinement, même quand c’était une erreur, je ne les ai pas prises avec ma tête !

1, 2, 3, cerveau!

Saviez vous que la pieuvre a 9 cerveaux? Un dans chaque tentacule et un central. En fait il s’agit plutôt d’un cerveau en 9 parties. Et bien nous pourrions bien être bâtis sur le même modèle. Quand on considère le poulpe comme une espèce dont l’intelligence est surprenante, on pourrait être flatté… ou pas.

Vous savez probablement que le cerveau humain peut se décomposer en 3 parties que sont le cerveau reptilien, le limbique et le neo-cortex. Et bien quand je suis en pleine réflexion pour prendre ma décision, je fais fonctionner principalement les couches superficielles de mon neo-cortex. C’est dans le neo-cortex également que se situeront les autoroutes dont je parlais plus haut. Par ma réflexion, je permet à mon cerveau de tracer de nouveaux chemins. Et le reste?

Prenons dans l’ordre, le cerveau primitif, dit reptilien est généralement décrit comme responsable de nos actions et comportements de survie et les fonctions vitales essentielles telles que le battement de mon cœur, ma respiration, les fonctions réflexes de préservation face au danger. Avez vous déjà ressentis quelque chose au niveau du ventre lors d’une frayeur subite? Oui? Alors je me permets d’aller plus loin.
Au XIXème siècle, un chercheur allemand dont j’ai oublié le nom (et pourtant j’ai encore cherché pour écrire cet article), fait une découverte assez déroutante. Nos intestins contiennent des cellules neuronales, et en nombre! Bon, ça passe un peu aux oubliettes jusqu’à ce qu’une équipe américaine (dont je n’ai pas le nom non plus, ah super l’article!) redécouvre cela. Aujourd’hui, il est assez fréquent de parler de nos intestins comme de notre deuxième cerveau.

Ensuite, nous avons le cerveau limbique, siège de nos émotions, apparu avec les mammifères. Traditionnellement, nous avons l’habitude parler de notre cœur s’agissant de nos émotions, c’est une erreur de jugement… Pas vraiment. Notre cœur contient lui aussi un nombre important (moins que les intestins et le cerveau) de cellules nerveuses de type neuronal.

Bon, vous voyez où je veux en venir?

En exemple, je citerai ce manager qui lorsqu’une décision importante est à prendre, se nourrit de toutes les informations disponibles, sans les juger. Puis, ferme les yeux, s’enfonce dans son fauteuil et suit son instinct. Dingue? Et bien il gère une entreprise pharmaceutique internationale et ses décisions pèsent lourd. Il estime se tromper rarement.
Ce n’est pas un super pouvoir, simplement, une autre façon de traiter l’information, par une forme d’intelligence autre que la réflexion. Essayons ensemble. Vous avez des fois pris des décisions, après les avoir mûrement réfléchis… et pourtant, quelque chose en vous vous titille. D’autres fois vous avez devant vous l’ensemble des informations et la décision raisonnable ne vous convainc pas. Que se passe-t-il?

Vos différents cerveaux tentent probablement de vous dire quelque chose. Il pourrait être bon de les écouter, calmer la tempête de votre neo-cortex et laisser s’exprimer votre instinct et vos émotions. L’intelligence est multiple et le raisonnement n’en est qu’une facette.
Une bonne décision se prend aussi avec les tripes et avec le coeur 😉

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